Newsletter d'auteur
Créer une newsletter d'auteur et collecter des e-mails de lecteurs
Une newsletter d'auteur rassemble les personnes qui acceptent de recevoir vos nouvelles par e-mail. Pour un auteur publié avec KDP, elle permet d'annoncer le livre suivant ou d'offrir un extrait sans dépendre seulement d'un réseau social. Ce guide indique quoi proposer, quelles règles françaises encadrent l'envoi à des particuliers, et comment une page BookLinks recueille des inscrits confirmés, canal par canal.
Pourquoi une liste de lecteurs, à côté des réseaux
Un réseau social montre votre livre à des personnes qui ne vous ont pas demandé de message. Sa distribution peut changer, et un compte peut devenir moins visible. Vous ne repartez pas avec les adresses. Une newsletter part d'un autre geste : quelqu'un vous confie la sienne pour recevoir ce que vous avez annoncé, au moment d'une sortie, d'un extrait ou d'une question sur la série.
La liste ne remplace pas les réseaux, un salon ou un site, qui font découvrir le livre. Elle sert à recontacter ceux qui ont accepté de rester en lien. Un clic vers Amazon n'est pas une inscription, et une inscription n'est pas une vente. Pour les séparer, suivez les clics de Facebook, Reddit et d'une newsletter, puis mesurez la promotion du livre.
Offrir une raison claire de laisser son adresse
Demandez une adresse pour quelque chose que vous pouvez envoyer. Trois offres conviennent souvent à un livre KDP : un extrait, un chapitre bonus absent de l'édition en vente, ou les nouvelles du livre suivant. L'extrait montre le ton. Le chapitre bonus s'adresse à quelqu'un qui connaît déjà votre univers. L'annonce du prochain titre intéresse surtout les lecteurs d'une série.
Avant la case à cocher, dites ce que la personne recevra et qu'elle pourra arrêter. Si vous connaissez votre rythme, indiquez-le, par exemple une lettre à chaque sortie et un message plus court entre deux livres. N'échangez pas l'adresse contre un classement ou un fichier que vous n'avez pas.
Hébergez vous-même l'extrait ou le bonus à une adresse HTTPS durable. BookLinks ne stocke pas ce fichier : après confirmation, la page de remerciement peut en proposer le téléchargement. Une page peut aussi se passer de fichier si la seule promesse est de recevoir les nouvelles. Le guide créer une page de lancement pour un livre KDP aide à fixer cette promesse.
Le consentement pour écrire à des particuliers
L'article L. 34-5 du code des postes et des communications électroniques interdit la prospection directe par courrier électronique vers une personne physique qui n'a pas consenti au préalable. Ce consentement est une manifestation de volonté libre, spécifique et informée. L'article vise tout message destiné à promouvoir, directement ou indirectement, des biens, des services, ou l'image d'une personne qui en vend ou en fournit. Une lettre qui présente votre livre et invite à l'acheter entre en général dans cette définition.
La CNIL demande un consentement libre, spécifique, éclairé et univoque, par une action positive : une case dédiée, non pré-cochée. Accepter des conditions générales ne suffit pas, et l'accord doit pouvoir être retiré. Le site economie.gouv.fr reprend la même règle pour le courriel commercial aux particuliers, avec l'identité de l'expéditeur à chaque envoi et un désabonnement gratuit et facile. La fiche Entreprendre de service-public.fr cite la newsletter parmi ces prospections et rappelle que le consentement doit pouvoir être démontré.
Une exception permet le courriel sans consentement préalable si vous avez recueilli l'adresse auprès de la personne à l'occasion d'une vente ou d'une prestation, pour des produits ou services analogues de la même personne, et si le refus est offert simplement, sans frais autres que ceux de la transmission, à la collecte et dans chaque message. La CNIL précise qu'une création de compte sans vente ni prestation ne suffit pas. Chez beaucoup d'auteurs KDP, l'adresse est laissée sur une page, pas recueillie lors de la commande Amazon : demandez alors le consentement. Une prospection non commerciale, par exemple caritative, relève d'une autre exception. Promouvoir un livre à vendre n'y entre pas.
Pour un service de la société de l'information, la CNIL rappelle qu'en France un enfant de moins de 15 ans ne peut pas consentir seul : l'accord du titulaire de l'autorité parentale est aussi requis. BookLinks ne vérifie pas l'âge. Si des mineurs peuvent voir le formulaire, adressez-le à un adulte.
Informer, prouver, refuser et limiter la conservation
Lors de la collecte, informez la personne de façon concise et facile à trouver. La CNIL rattache cette obligation aux articles 12, 13 et 14 du RGPD : identité et coordonnées du responsable, finalités, base légale, caractère obligatoire ou facultatif des données, destinataires, durée ou critères de conservation, droits des personnes, retrait du consentement et réclamation auprès de la CNIL. Sur une page BookLinks, la politique de confidentialité indique que l'auteur décide de l'usage de l'adresse : il est responsable du traitement, et BookLinks agit pour son compte. Le formulaire doit donc dire qui écrit, pour quoi, combien de temps vous comptez garder l'adresse, et vers quel outil elle pourra partir.
La preuve vous incombe. La page CNIL sur le consentement rappelle l'article 7 du RGPD : vous devez pouvoir démontrer un consentement valide, par exemple avec un registre. BookLinks enregistre le texte affiché, la date du consentement et la date de confirmation. Ce registre ne rédige pas à votre place la finalité ni la durée annoncées au lecteur.
Chaque message de prospection doit identifier l'expéditeur et offrir un moyen simple de faire cesser les envois, sans frais autres que ceux de la transmission. L'article L. 34-5 l'exige et interdit de dissimuler la personne pour le compte de laquelle le message part. La CNIL et economie.gouv.fr citent un lien de désinscription en fin de message. BookLinks n'envoie pas votre newsletter : ce lien figure dans les messages que vous rédigez dans votre outil. Son e-mail de confirmation contient, lui, un lien pour effacer l'adresse. La page ouverte demande le bouton « Supprimer mon adresse ».
Le référentiel CNIL sur la gestion commerciale propose des durées. Sa foire aux questions dit qu'il n'est pas obligatoire, mais qu'un écart doit se justifier. Pour un prospect non client, les données de prospection peuvent être conservées trois ans après la collecte ou le dernier contact émanant de la personne, par exemple une demande de documentation ou un clic dans un courriel. La simple ouverture d'un courriel ne devrait pas compter comme ce contact. Au terme du délai, vous pouvez redemander si la personne souhaite continuer. Sans oui explicite, supprimez les données ou archivez-les selon les règles applicables. Pour un client, la prospection peut durer le temps de la relation, puis trois ans après sa fin.
BookLinks n'efface pas seul les adresses confirmées au bout de trois ans. Il supprime les inscriptions non confirmées après 30 jours. Les confirmées restent jusqu'à ce que vous les effaciez, ou jusqu'à la suppression du compte. Depuis Audience, vous pouvez supprimer un lecteur ; si l'adresse avait été envoyée à l'outil connecté, BookLinks en demande aussi le retrait. Si vous supprimez le compte, les contacts déjà partis vers l'outil y restent.
Confirmer l'adresse, choisir l'outil, puis écrire
Le double opt-in ajoute une confirmation depuis un e-mail. Les pages CNIL sur la prospection électronique n'en font pas une obligation distincte : elles demandent une action positive, comme une case non pré-cochée, et la preuve du consentement. Un envoi en deux étapes n'y est cité que pour un consentement explicite, notamment des données sensibles ou une décision automatisée, pas pour une newsletter ordinaire de livres. Cette confirmation reste une bonne pratique contre les fautes de frappe et les adresses déposées par un tiers.
BookLinks l'applique. La case n'est pas pré-cochée. Le texte par défaut dit que la personne accepte les e-mails de l'auteur et peut se désinscrire ; vous pouvez le remplacer en gardant cette possibilité. Le lien de confirmation vaut 48 heures. La page qu'il ouvre demande un dernier clic, pour qu'un aperçu de messagerie ne valide pas l'inscription. Sans ce clic, l'inscription est supprimée après 30 jours. Seules les adresses confirmées partent vers l'outil ou l'export.
Ces adresses peuvent aller vers MailerLite, Brevo ou Kit, les trois outils reliés à BookLinks. Ce guide n'indique aucun de leurs prix. Choisissez celui dans lequel vous écrirez, puis saisissez la liste, le groupe ou le formulaire demandé. Sans connexion, Audience exporte en CSV les seules inscriptions confirmées, avec le canal, le texte du consentement et les dates. Vous rédigez les messages dans l'outil, pas dans BookLinks.
Écrivez quand vous avez une information précise, sans reprendre un taux d'ouverture que vous n'avez pas mesuré : une date, un extrait, l'ordre d'une série, une scène non publiée ou une question sur la suite. Séparez l'e-mail de confirmation des messages qui présentent un livre, et tenez la promesse du formulaire. Regardez vos confirmations, vos retraits et, à part, les rapports KDP.
- une case non pré-cochée, qui dit qui écrit et pour quoi ;
- une confirmation par e-mail avant de compter l'adresse ;
- un lien de refus dans chaque message de prospection ;
- une durée de conservation que vous pouvez expliquer ;
- MailerLite, Brevo ou Kit, ou un export CSV des confirmés.
Recueillir les inscrits avec BookLinks et séparer les canaux
Créez une page « Cadeau contre e-mail », ou activez la capture sur une page de lancement ou de série, puis publiez-la. Le lecteur laisse son e-mail, un prénom s'il le souhaite, et coche le consentement. L'inscription est facultative. Après confirmation, la page de remerciement peut afficher le fichier HTTPS. Le bouton vers Amazon, s'il existe, reste distinct du formulaire.
Créez ensuite un lien par canal et copiez les adresses de page que le tableau de bord du livre affiche pour chacun : même page, origine différente (newsletter, Instagram, salon ou un autre nom). Cette origine est enregistrée avec l'inscription. Les vues sont comptées par canal, sans cookie de suivi publicitaire ni identifiant de visiteur. Elles ne sont pas des clics Amazon.
Gardez aussi un lien suivi par canal vers la fiche. Il ouvre la boutique Amazon du pays du lecteur, ou la boutique de secours si ce pays ne permet pas de choisir, et peut ajouter votre identifiant Partenaires là où vous en avez un. BookLinks ne couvre qu'Amazon. Pendant la bêta, c'est gratuit, sans carte bancaire. La page Tarifs annonce Gratuit (2 livres, 8 liens actifs, 1 page de livre) et Pro à 6 € par mois ou 49 € par an. Ces limites gratuites ne sont pas appliquées pendant la bêta.
Si un message contient votre identifiant Partenaires, suivez le guide lien affilié Amazon pour son propre livre. Pour préparer la page, revenez à la page de lancement KDP. Créer ma page et mes liens par canal.
Questions fréquentes
Le double opt-in est-il obligatoire pour une newsletter d'auteur ?
Les pages de la CNIL consultées pour ce guide ne le présentent pas comme une obligation distincte d'une newsletter ordinaire. Elles exigent un consentement préalable valable et la possibilité de le prouver. BookLinks confirme néanmoins chaque adresse par e-mail avant de la compter ou de la transmettre.
Puis-je écrire aux acheteurs Amazon qui ne se sont pas inscrits ?
Pas du seul fait qu'une commande existe sur Amazon. L'exception de l'article L. 34-5 suppose que vous ayez recueilli l'adresse auprès de la personne à l'occasion d'une vente ou d'une prestation, pour des produits analogues, avec un refus simple. Lorsque vous n'avez pas cette adresse, une page avec une case à cocher est le chemin adapté.
BookLinks envoie-t-il la newsletter à ma place ?
Non. Il recueille l'inscription, envoie l'e-mail de confirmation et peut transmettre les adresses confirmées à MailerLite, Brevo ou Kit, ou les exporter en CSV. Vous rédigez les messages dans l'outil choisi, avec un moyen de refus dans chaque envoi de prospection.
BookLinks efface-t-il tout seul les contacts inactifs au bout de trois ans ?
Non. Il supprime les inscriptions non confirmées après 30 jours. Les adresses confirmées restent jusqu'à votre suppression ou celle du compte. La durée de trois ans vient du référentiel CNIL : c'est au responsable du traitement de l'appliquer et de pouvoir justifier un autre choix.
Sources officielles
- Légifrance, article L. 34-5 du code des postes et des communications électroniques
- CNIL, prospection commerciale par courrier électronique
- CNIL, recueil du consentement
- CNIL, information des personnes et transparence
- CNIL, référentiel gestion des activités commerciales (PDF)
- CNIL, questions-réponses sur les durées du référentiel commercial
- Service-Public Entreprendre, obligations RGPD
- economie.gouv.fr, obligations en matière de courriel commercial
- BookLinks, présentation du service
- BookLinks, tarifs
- BookLinks, politique de confidentialité